Le Théâtre de la Photographie et de l'Image Charles Nègre présente :
Exposition passée · 2 décembre 2006 – 18 mars 2007
Jean Gilletta
Photographe de la Riviera
2 décembre 2006 – 18 mars 2007
À l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance
Le Théâtre de la Photographie et de l'Image organise, avec le concours de la
bibliothèque de Cessole, une exposition présentant plus de
140 photographies originales de Nice et sa région.
S'il existe bien un style, un mythe Côte d'Azur, les milliers de cartes postales
signées Giletta ont largement contribué à les nourrir, les diffuser, les amplifier.
Présentation
Comment Jean Gilletta (1856–1933), un simple fils de paysans, a-t-il pu créer la principale
entreprise photographique du sud-est de la France ? Comment a-t-il réussi à rendre incontournable
son regard sur les paysages des Alpes-Maritimes et des régions voisines ?
À travers une exposition de 140 photographies présentées à l'occasion du
cent cinquantenaire de sa naissance, partons à la découverte du photographe de la Riviera.
Jean Gilletta fut un homme très discret ; il n'a livré aucun témoignage écrit sur son art,
mais nous a laissé un énorme héritage photographique qui parle en son nom et nous donne à
voir les milliers d'heures passées à sillonner la Riviera et les Alpes-Maritimes pour en
illustrer les plus belles pages.
La RéserveVue panoramiqueLe port, vers 1895
Biographie
Jean Gilletta (1856–1933)
Jean-Baptiste Gilletta est né à Levens le 7 mai 1856. Il abandonna
son deuxième prénom, Baptiste, et enleva un « l » de son patronyme lorsqu'il se mit
à son compte pour dénommer ainsi son entreprise : « Giletta éditeur photographe
et photographe paysagiste à Nice ».
La mémoire familiale veut que Jean soit venu très jeune à Nice pour y travailler. Il
choisit un métier original en devenant l'assistant du photographe
Jean-Auguste-Théodore Walburg de Bray. Avec l'annexion du comté de Nice
à la France en 1860, et grâce à l'arrivée du chemin de fer en 1864, Nice était devenue
la capitale des villégiatures hivernales.
Jean Gilletta eut la chance d'être formé par Walburg de Bray — non par un simple
portraitiste, mais par l'un des rares photographes paysagistes et de surcroît l'un
des meilleurs. Sans doute, lorsque ce dernier cessa d'exercer, Jean Gilletta recueillit
le fonds d'atelier de son patron, préservant ainsi la mémoire de la Riviera des
années 1860–1870.
Jean Gilletta ne s'est installé seul à son compte qu'en 1889, rue de
La Paix (actuelle rue Georges-Clemenceau), proche de l'avenue de la Gare. L'affaire
se développa suffisamment pour que Jean ne suffit bientôt plus à la tâche. Aussi, en
1897 ses deux frères Joseph et François le rejoignirent-ils. Ils
créèrent une société en nom collectif enregistrée au Tribunal de commerce de Nice le
3 août 1897 sous la raison sociale « Giletta frères ».
En 1926, âgé de soixante-dix ans, Jean Gilletta se retira. Il mourut le
4 février 1933.
L'œuvre photographique
Le travail photographique de Jean Gilletta a été effectué pendant une
cinquantaine d'années, depuis la fin de la décennie 1870 jusqu'aux
années 1920. Il exécuta près de huit mille photographies des paysages,
villes et villages du Midi, classés et numérotés, sans parler des reportages privés,
commandes officielles et autres études artistiques.
Nombre de ces clichés firent le tour du monde grâce à leur diffusion par la carte postale
dont la dynastie Gilletta s'était faite le champion régional. Les cartes postales Gilletta
inondèrent le marché et rendirent populaire un art du point de vue pittoresque et touristique
immédiatement reconnaissable : le fameux style Côte d'Azur avec ses panoramas
incomparables sur la mer, rythmés par les pins et les aloès, sa superbe Jetée-Promenade
couronnée de palmes, ou ses fières bugadières occupées à laver le linge.
Certaines images, comme la Jetée-Promenade ou La Réserve,
sont même devenues de véritables icônes de la Riviera. Les importants succès commerciaux
que rencontra la maison Gilletta eurent pour revers l'occultation de l'activité créatrice
de Jean Gilletta, trop souvent réduite à l'icône de la Niçoise en capeline cueillant des
anthémis face à la baie des Anges.
Blanchisseuses à la source Lympia, vers 1880Les blanchisseuses, 1891Place Masséna, vers 1925