Table ronde

Hercule Florence

Un inventeur en exil ou une découverte isolée de la photographie

Vendredi 4 novembre 2005, 14h–18h
Théâtre de la Photographie et de l'Image, Nice

Autoportrait d'Hercule Florence
Autoportrait d'Hercule Florence

Présentation

La Saison Brésilienne se déroule en France sous l'égide de l'Association Française de l'Action Artistique, au travers de nombreuses manifestations culturelles dévoilant un Brésil créatif, modèle de diversité et de multiplicité de cultures se nourrissant les unes des autres.

La Ville de Nice s'est associée à ce thème national en soulignant l'originalité de la création brésilienne dans divers domaines artistiques. Pour le Septembre de la Photo 2005, le Théâtre de la Photographie et de l'Image donne au Brésil sa juste place, témoignant de sa richesse et de sa diversité avec un ensemble d'artistes représentatif de la photographie brésilienne.

Le Brésil est un des pays de la photographie. Hercule Florence, originaire de Nice, y a inventé un procédé pour obtenir des images grâce à l'action de la lumière — qui pourrait passer pour l'invention de la photographie quelques années avant Louis Daguerre.

C'est pour rendre hommage à ce brillant inventeur niçois, reconnu au Brésil mais méconnu dans son pays d'origine, que le Théâtre de la Photographie et de l'Image a organisé ce colloque animé par Patrick Roegiers, écrivain et critique d'art.

Un Niçois invente la photographie au Brésil

Antoine Hercule Romuald Florence naît le 28 février 1804 à Nice — alors dans le département des Alpes-Maritimes sous la Ire République — et meurt le 27 mars 1879 à Campinas, au Brésil. Fils d'un chirurgien-major de l'armée et d'une mère monégasque, il passe son enfance principalement à Monaco.

Explorateur, peintre naturaliste, dessinateur, typographe et inventeur d'origine monégasque, il s'établit au Brésil à partir de 1824. De 1825 à 1829, il participe à l'expédition scientifique du baron Langsdorff comme illustrateur, remontant le bassin de l'Amazonie. Ce contact intense avec la nature brésilienne — sa diversité visuelle et sonore — sera le déclencheur de ses grandes inventions.

Après l'expédition, il s'installe à São Carlos (aujourd'hui Campinas) en 1830, où il travaille dans la production de café. C'est là, cherchant un moyen d'imprimer et de diffuser sa méthode de transcription des sons animaux — la zoophonie — qu'il développe un procédé de reproduction par l'action de la lumière.

En 1833, Hercule Florence couche par écrit les résultats de ses premières expériences avec la chambre obscure et des sels photosensibles. Il est le premier à employer le mot « photographie » pour désigner ce procédé — six ans avant que l'Anglais John Herschell n'utilise ce terme et avant l'annonce du daguerréotype par François Arago à Paris en 1839.

Son procédé photochimique, testé avec succès en 1976 dans un laboratoire du Rochester Institute of Technology à la demande de l'historien Boris Kossoy, confirme qu'il s'agissait bien d'un procédé photographique fonctionnel. Les images de Florence sont parmi les plus anciennes images photographiques encore visibles connues dans le monde.

Impopulaire auprès des autres planteurs pour ses méthodes peu orthodoxes, et n'étant pas parvenu à se faire connaître en Europe, Hercule Florence échappa à l'oubli par une voie inattendue : le fils de son ami Félix-Émile Taunay traduisit en portugais son journal de l'expédition Langsdorff, le faisant publier en 1875. Hercule Florence eut alors la joie d'être nommé membre correspondant à l'Académie des sciences de Rio avant de s'éteindre en 1879.

« Son procédé était la seule expérience de ce type menée en Amérique latine à l'époque et elle est restée ignorée pendant cent quarante ans. » — Boris Kossoy, historien brésilien spécialiste de la photographie

Programme du colloque

Animé par Patrick Roegiers, écrivain et critique d'art, en présence de :

  • Leila Florence de Moraes — descendante d'Hercule Florence
  • José Géraldo Motta Florence — descendant d'Hercule Florence
  • Antonio Florence — descendant d'Hercule Florence
  • Boris Kossoy — historien brésilien spécialiste de la photographie
  • William Luret — journaliste, auteur de « Les trois vies d'Hercule Florence »
  • Michel Redolfi — musicien
1re partie William Luret
2e partie Boris Kossoy
3e partie Discussion — Patrick Roegiers, Boris Kossoy, William Luret
4e partie Leila Florence
5e partie Michel Redolfi
Conclusion José Géraldo Motta Florence